Potins

Toutes sortes de potins circulent dans Lausanne. Ils sont le sel de la campagne.

Envoyez-nous vos meilleurs potins à info@taoua.beau-lieu.ch

La BCV a bédé. Notre chère banque cantonale vient de sortir un rapport montrant que la pénurie de logement devrait prendre fin d’ici 2016-2017, ce qui montre que les logements prévus dans Taoua tomberaient comme un cheveu sur la soupe à un moment où il n’y aura plus de pénurie. Les pro-Taoua sont furax après la BCV, qui aurait quand même bien pu attendre le 13 avril avant de publier son rapport. Et 24 heures dit au bon peuple, en commentant ledit rapport : « N’allez pas croire qu’on peut se passer de la tour Taoua, par exemple ». Il y a des exemples qui valent de l’or.

La tour invisible. Les Taouasants s’appliquent à publier sur leur page Facebook des photos de points de vue de Lausanne desquels on ne voit pas les ballons, pour montrer qu’elle ne dérangera pas tant que ça. Si on les comprend bien, moins on la voit, mieux ça vaut! Devinette: comment faire pour qu’on ne la voie pas du tout?

Economies d’énergie. Le projet Métamorphose aux Plaines-du-Loup dispose d’une Stratégie de réduction des besoins en énergie. Dite stratégie préconise « les formes urbaines propices aux économies d’énergie (contiguïté, ilots et ensoleillement des façades) ». Et elle précise: « Autoriser la construction bois en limitant la part des bâtiments de plus de 8 niveaux. » Taoua est vraiment exceptionnelle.

Panpan cucul. Nos Taouasants sont trop forts. Ils ont installé Mario Botta et Vincent Rossi dans la tour des partisans de Taoua, « qui réunit celles et ceux qui s’engagent à voter oui le 13 avril pour que notre ville bouge ». Voir http://www.jemebougepourlausanne.ch/like/79, ça remue et vaut le détour! Quelques citations soigneusement extraites de leur contexte, et le tour est joué! Avec un tel talent, ils pourraient aussi recruter Ueli Maurer, Suzette Sandoz, Anne-Catherine Ménétrey ou Albert Einstein. Ils sont tranquilles: c’est signé Papan Cucul. C’est pour qui, la fessée?
PS. – Depuis la publication de ce potin, Vincent Rossi a été exclu de l’immeuble. Il se plaindra à l’ASLOCA.

Un syndic magicien. Daniel Brélaz n’a pas fini de nous épater. Avec lui, on a toujours une longueur de retard. Ainsi, il nous annonce dans 24 heures du 24 mars que les appartements « contrôlés » de 3 pièces et demie de Taoua seront loués à 1600 francs, alors que le prix indiqué dans le préavis adopté par le Conseil communal était à 1750 francs. Plus fort encore: il nous apprend que la hauteur des tours de 50 à 65 mètres existant à Lausanne est « comparable » aux 86 mètres de Taoua. Ce mathématicien est un magicien!

Rebaptiser l’avenue du Mont-Blanc? L’avenue du Mont-Blanc doit son nom au fait que, lorsqu’on y déambule par temps clair, on voit le plus haut sommet des Alpes. Si la tour Taoua se construit, elle masquera cette vue. Donc l’avenue et l’arrêt de bus Mont-Blanc ne mériteront plus leur nom. On pourrait la rebaptiser avenue Orox pour honorer l’investisseur, ou avenue Taoua (il y a bien une place de la cathédrale), ou avenue Français pour honorer le municipal des travaux (variantes: avenue Junod, avenue Brélaz), ou encore avenue du métro, pour que tout le monde sache que le m3 s’arrête à Beaulieu. Le concours d’idées est ouvert.

Gonflée, la muni. Le mardi 18 mars, un communiqué officiel nous apprend que « la Municipalité a décidé et annoncé au Conseil communal qu’il serait procédé à la pose de gabarits permettant de se figurer l’impact de la future tour. » On se souvient pourtant que c’est le Conseil communal qui, en septembre 2013, a imposé la pose de gabarits. Après avoir rechigné longtemps, la Municipalité a d’abord proposé la pose d’un seul ballon à 85 mètres pour montrer la hauteur de l’édifice. Et le Conseil communal a dû revenir à la charge, en février dernier, pour réclamer que les « gabarits » signalent au moins les quatre angles supérieurs de la tour. Dans l’intervalle, la tour a été rabotée d’un mètre. Elle n’en fait plus que 84. Ça, c’est une vraie décision de l’Exécutif.

tour noyéeLa tour noyée. Vous avez remarqué? Sur l’affiche pro Taoua, on voit la tour d’un lieu où personne ne la verra jamais, à moins d’être à bord d’un hélicoptère ou d’une mongolfière. La plupart des images de la campagne pro Taoua sont comme ça: on ne voit pas le ciel derrière la tour, mais le Jura, les Alpes ou un bout de ville. La tour est noyée dans le paysage. Les Lausannois auront-il droit bientôt à un plan de mobilité élevée?

Gonflé, le programme. D’après les architectes lauréats du concours, l’idée de construire une tour s’est imposée en raison des exigences du programme. Mais d’où sortent ces exigences? En tout cas pas du programme initial de la Municipalité, daté de juin 2007, qui voulait juste un hôtel, un restaurant et quelques bureaux, et qui interdisait d’y ajouter des logements. Apparemment c’est l’investisseur qui a poussé à gonfler le programme, jusqu’à ce qu’il devienne indigeste.

Où va La Source? Ceci n’est pas un potin. D’après une communication de l’Etat datée du 13 mars 2014, l’Ecole de soins infirmiers de la Source est partenaire du futur « Campus Santé » de l’EPFL, qui va pouvoir accueillir 1450 étudiants. Mais alors, où veut aller La Source? A Beaulieu ou à Dorigny?

Quel dynamisme! La littérature taouasane nous apprend que « Beaulieu génère aujourd’hui une manne financière de 400 à 500 millions de francs par an pour le Canton ». Fichtre! On en est baba! Mais pourquoi ne voit-on pas trace de cette manne dans les comptes de l’Etat de Vaud? Vérification faite, ces chiffres sont tirés d’une évaluation du CREA sur les « retombées économiques » du Centre de congrès et d’expositions, datant de 2008. On ne nous dit pas à qui profitent ces « retombées » venues du ciel, ni si elles génèrent des rentrées fiscales propres à compenser les 55 millions que la Ville et le Canton ont injectés dans Beaulieu pour assurer sa survie. A part ça, si vraiment Beaulieu marche si fort, faut-il vraiment fabriquer une tour pour que ça marche encore plus fort?

Le coût de la campagne. Personne n’arrive à savoir combien les promoteurs de Taoua, avec leur tente et leur maquette à tiroirs, les pros de la com et les étudiants en architecture embauchés pour la cause, investissent dans leur campagne de propagande. Pas plus d’un million, estiment les experts. Le calcul est excellent. Pour un projet à 100 millions, ça fait même pas 1 %.

La mobilisation des fonctionnaires. Nos municipaux ne se contentent pas de se répandre en équipe dans des séances « d’information et de discussion » (entrée libre) où ils expliquent aux Lausannois pourquoi il faut voter pour Taoua. On nous rapporte qu’ils réunissent aussi les fonctionnaires de la Ville, pendant les heures de travail, pour leur expliquer la même chose. Heureusement, le syndic a déjà dit à Lausanne Cités que le risque politique d’un échec de Taoua était « à peu près nul » pour la Municipalité.

Sondage téléphonique. Le très sérieux institut de sondages MIS Trend, mandaté par Dieu sait qui,  interroge des citoyens lausannois par téléphone  sur leurs sentiments à propos de Taoua. On leur demande s’ils ont peur de l’ombre de la tour, s’ils sont opposés à la modernisation de Beaulieu ou s’ils ne pensent pas qu’il y a besoin de logements à Lausanne. Des questions très téléphonées.

Les anthroposophes en embuscade. Le municipal Olivier Français, à qui une conseillère communale demandait quelles institutions avaient déjà réservé des étages dans Taoua, a répondu que la plus grande partie des surfaces de bureau étaient promises à l’Ecole Steiner. Le lapsus! Doit-on comprendre que l’Ecole de soins infirmiers de La Source enseigne l’anthroposophie?

La classification des Verts. Selon Daniel Brélaz, il y a trois sortes de Verts: les anti-développement primaires de Lausanne,  ceux qui considèrent que Taoua s’inscrit parfaitement dans la ligne de développement de la ville et ceux qui s’y opposent essentiellement pour des questions esthétiques. Mais que fait-il dans ce parti de demeurés?

Epiphénomène. En plaidant contre l’octroi d’un référendum spontané, l’architecte et conseiller communal Laurent Guidetti a argué qu’il ne fallait pas déranger le peuple de Lausanne pour un épiphénomène. Autant dire une bricole. Selon le dictionnaire, un épiphénomène  désigne ce qui se surajoute à un phénomène sans exercer sur lui aucune influence. Quel est donc le phénomène qui se cache sous Taoua?

 

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